LES SPONDYLODISCITES NON TUBERCULEUSES DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT

 

      ETUDE RETROSPECTIVE A PROPOS DE 42 CAS

E. GARRON, F. LAUNAY, E. VIEHWEGER, D. BLUMEN, J.L. JOUVE, G. BOLLINI.

 

INTRODUCTION

  Les spondylodiscites non tuberculeuses correspondent approximativement à 2 % des infections osseuses de l’enfant.

 

Il s’agit d’une pathologie encore très controversée dans la littérature pour preuve les différentes terminologies utilisées pour nommer cette maladie : discite, spondylodiscite, spondylarthrite…

 

Les avis divergent sur le siège de l’affection purement discale pour certains [1,3,17,32], intéressant également les corps vertébraux pour d’autres [11,25,30,34,47], mais aussi sur l’étiologie purement infectieuse, parfois inflammatoire voire traumatique de cette pathologie.

 

Le traitement de cette affection diffère également selon les auteurs .

 

Ce travail présente les résultats cliniques, para cliniques et thérapeutiques d’une série de 42 enfants avec un recul moyen de plus de 4 ans.

 

Le but de cette étude est de tirer des enseignements sur le plan diagnostic et physiopathologique avec l’apport des nouvelles techniques d’imagerie et de la ponction discale. Nous analyserons également l’évolution de nos patients tous traités selon un protocole thérapeutique résolument anti-infectieux.

 

Nous utiliserons tout au long de ce travail le terme de spondylodiscite non tuberculeuse (S.N.T.), celui ci nous semblant être le plus approprié pour désigner cette pathologie.


MATERIEL ET METHODES

 

 

Il s’agit d’une étude rétrospective.

 

42 enfants, 23 garçons et 19 filles, âgés en moyenne de 4 ans 6 mois ont été suivis et traités pour S.N.T.

Le recul moyen de notre série est de 4 ans 3 mois.

 

Nous avons pris en compte pour chaque dossier, le délai diagnostique, l’histoire clinique, les paramètres du bilan inflammatoire (VS, CRP, nombre de globules blancs, pourcentage de PNN). Les recherches de germes par ponction discale ont été notées à chaque fois ainsi que leur résultat.

 

Le bilan d’imagerie a également été analysé prenant en compte les radiographies initiales qui ont été systématiques , et des examens radiologiques plus poussés à savoir les TDM, les IRM, les scintigraphies osseuses au technitium 99m et les discographies.

Nous avons relevé pour chaque cas, le siège de la lésion et les anomalies décelées.

 

Nous avons noté pour chaque dossier le traitement administré associant dans la quasi-totalité des cas une antibiothérapie IV ciblée ou probabiliste selon qu’un germe ait été ou non retrouvé, avec un relais per os et une immobilisation par corset.

 

Enfin, le recul maximum a été noté à la date de la dernière consultation.

 

 

 

 

RESULTATS :  cf. tableau N°1

 

 

- Sur le plan clinique :

 

· La population d’enfants étudiée regroupe 23 garçons et 19 filles avec un âge moyen lors de la prise en charge de 4 ans 6 mois et des extrêmes allant de 1 mois à 14 ans 11 mois.

· Les symptômes retrouvés, isolés ou associés, sont les suivants :

- des phénomènes douloureux rachidiens avec une raideur constante,

- le refus de la station assise, systématique chez les enfants âgés de moins de

2 ans et demi (9 cas),

-         une boiterie est retrouvée 16 fois,

-         les signes digestifs sont présents dans notre série quatre fois, soit 10 % des cas.

- la fièvre est généralement peu importante ; une température supérieure à 38°5 n’a été notée que 6 fois . Cependant, les 5 enfants de moins de 6 mois de notre série présentaient un tableau infectieux sévère avec soit un tableau septicémique, soit un contexte d’arthrites multiples.

- 4 enfants présentaient à leur admission des signes neurologiques soit 10% de la série :

2 enfants présentaient des sciatalgies qui ont rapidement régressé avec le traitement.

2 autres enfants présentaient des signes neurologiques plus inquiétants avec pour le cas n°4 une diplégie des deux membres supérieurs qui a totalement régressé avec le traitement. Il s’agissait d’une atteinte cervicale C3-C4 chez un enfant de 2 mois et demi avec destruction complète de deux corps vertébraux adjacents. L’évolution s’est faite vers une fusion de ces deux vertèbres sans trouble de la statique cervicale.

Un cas s’est présenté avec une paraplégie flasque, des lésions majeures de T6 et T7 et un abcès rachidien compressif. L’évolution a été favorable après un geste de décompression postérieure puis une greffe antérieure à un an pour une cyphose évolutive. On note cependant la persistance à 2 ans de recul chez cet enfant de signes moteurs mineurs à type de parésie des deux membres inférieurs.

· Le retard diagnostic a été de 42 jours en moyenne allant de la prise en charge en urgence jusqu’à un retard d’un an chez une jeune fille de 8 ans 9 mois vue à un stade séquellaire de spondylodiscite cervicale C2-C3.

· La recherche d’une porte d’entrée a été concluante 26 fois (62 % des cas).Les portes d’entrée les plus fréquemment retrouvées sont ORL et cutanées (8 fois chacune), urinaires (3 fois), digestive (1 fois). Une dissémination systémique dans un contexte d’infections pluri articulaires a été notée 2 fois.

· Le siège de l’atteinte disco vertébrale a été retrouvé 25 fois en position lombaire avec une augmentation de fréquence au fur et à mesure que l’on descend avec 14 localisations en L4-L5.

Nous notons une spondylite pure en L3.

La charnière lombo sacrée est atteinte 6 fois.

Nous retrouvons 5 localisations thoraciques moyennes ou basses et 3 localisations dorso lombaires.

A noter enfin 3 localisations cervicales dont 2 chez des enfants de moins de 3 mois.

 

 

- Sur le plan paraclinique :

 

· Les signes inflammatoires cliniques et biologiques sont pauvres :

La température est en règle très modérée et plus de la moitié des patients avaient une température normale à l’admission.

La VS à la première heure a été retrouvée trente fois supérieure à 30, soit 71 % des cas.

La CRP est supérieure à 6 dans la moitié des cas où elle a été mesurée (7 fois sur 15).

Une hyperleucocytose supérieure à 10.000 globules blancs a été notée dans la moitié des cas. Il en est de même pour le taux de PNN qui est supérieur à 50 % dans un quart seulement des résultats notés.

Les sérologies n’ont été contributives qu’une fois. Une sérologie positive de la fièvre Q a confirmé les résultats surprenants de deux prélèvements (hanche et corps vertébral de L3) revenus positifs à Coxiella Burnetti.

· Des radiographies standards :de face et de profil ont été systématiquement réalisés. Elles ont permis de préciser le siège de la lésion en montrant dans tous les cas un pincement discal avec une atteinte des plateaux vertébraux adjacents.

Dans les formes du nourrisson ou lorsque le diagnostic a été retardé, des lésions disco vertébrales majeures avec destruction des corps vertébraux sont notées d’emblée.

· La tomodensitométrie a été réalisée 17 fois sur 42 dans notre étude et a permis de mettre en évidence un abcès ou un aspect d’épidurite dans 8 cas.

Nous retrouvons cependant dans notre série 3 faux négatifs sur les 17 scanners réalisés, soit 18 % des cas.

· L’I.R.M. a été réalisée 25 fois : 19 fois en urgence avec un contrôle à distance dans 5 cas, 6 fois uniquement à distance .

Dans notre série, l’IRM a confirmé le diagnostic présumé chaque fois qu’elle a été réalisée.

Dans 37 % des cas, l’IRM a permis la visualisation d’un abcès péri rachidien avec une déformation du sac dural bien visible. L’évolution de ces abcès a été suivie par des IRM de contrôle.

· La scintigraphie osseuse au Tc 99m  a été réalisée 30 fois et a été retrouvée positive 26 fois montrant une hyperfixation au niveau du complexe disco-vertébral lésé.

· La ponction discale  a été pratiquée 30 fois et a permis de retrouver un germe 19 fois (63% des ponctions réalisées)

 

D’autres ponctions ou prélèvements directs ont été réalisés :

- une ponction de hanche a permis d’isoler un staphylocoque doré,en plus de la  ponction discale, dans un contexte d’arthrites multiples ,

- une double ponction hanche et disque est revenue positive,

- deux abords chirurgicaux ont été réalisés et ont permis des prélèvements :

- une fois pour une suspicion de tumeur d’Ewing avec un prélèvement bactériologique qui est resté négatif.

- une fois lors d’une décompression postérieure permettant d’isoler un staphylocoque doré.

 

Les germes retrouvés montrent une prédominance du staphylocoque doré retrouvé 12 fois (63%). Le deuxième germe le plus fréquemment retrouvé est un bacille Gram

négatif , le kingella kingae, retrouvé 6 fois (28%). Les autres germes isolés sont un staphylocoque epidermidis, un clostridium clostridiformis, un streptocoque et un coxiella burnetti..Par ailleurs, la recherche de virus sur les ponctions discales est toujours restée négative.

-Traitement :

 

Le traitement a dans tous les cas associé une antibiothérapie  et une immobilisation. Il s’est toujours agit d’un traitement antibiotique IV pendant 10 jours, probabiliste, double, synergique et bactéricide, à visée anti-staphylococcique, adapté à l’antibiogramme chaque fois qu’un germe était isolé. Un relais per-os a ensuite été réalisé. Les critères d’arrêt de ce traitement antibiotique ont été d’une part la normalisation du bilan inflammatoire, d’autre part la disparition complète de la symptomatologie clinique. Une immobilisation a été systématiquement réalisée par corset ou par minerve rigide dans les atteintes cervicales. La durée de cette immobilisation a globalement été superposable à la durée du traitement antibiotique avec les mêmes critères d’arrêt.

 

 

-Evolution :

 

- Le recul moyen est de 4 ans et 4 mois avec des extrêmes allant de 2 mois à 21 ans.

- 37 patients sur 42 n’ont aucune séquelle fonctionnelle et mènent une vie normale.

- 3 patients se plaignent de douleurs lors des activités sportives, bien calmées par des antalgiques mineurs.

- 4 patients ont dû être opérés :

  2 patients ont été opérés en urgence : une fois pour une biopsie chirurgicale et une fois pour une décompression postérieure.

  2 autres patients ont été opérés à distance pour redresser et stabiliser des cyphoses évolutives importantes supérieures à 40°. Ils ont bénéficié tous les deux d’un temps antérieur et d’un temps postérieur. A noter que le patient n° 38 a été opéré par la suite pour le même problème de cyphose évolutive.

- Nous avons observé en tout 7 évolutions cyphotiques (16 %) dont 3 sévères, toutes en localisation dorsale.

- Les 3 cas d’atteintes cervicales ont bien évolué. La fusion des 2 vertèbres adjacentes a été constatée dans chacun des cas sans trouble de la statique cervicale. Un des enfants a cependant une mobilité réduite d’un tiers dans toutes les amplitudes.

- Nous relevons 4 fusions complètes et 2 fusions sub complètes des vertèbres adjacentes.

-         Nous ne retrouvons enfin aucune récidive documentée. Un cas a présenté à 3 ans les signes cliniques d’une récidive non confirmée par les examens paracliniques, l’IRM notamment.

 


DISCUSSION :

 

 

- Diagnostic:

 

Les tableaux cliniques retrouvés dans notre étude confirment les trois grands tableaux généralement retrouvés dans cette pathologie et décrits dans la littérature [3,4,9,30,39] :

La forme du nourrisson dans la première année de la vie  représente 9 cas dans notre série, soit un taux de 21 %. Il s’agit d’une forme grave dans un contexte souvent septicémique avec des localisations infectieuses multiples. Le siège de l’atteinte vertébrale est , dans notre série , thoracique ou cervical dans deux tiers des cas. La destruction vertébrale est importante voire totale, responsable surtout dans les localisations thoraciques de cyphoses majeures évolutives avec parfois des complications neurologiques. La lyse complète de deux corps vertèbraux ou plus est retrouvée 3 fois sur 9 ce qui représente une des caractéritiques des S.N.T. du nourrisson et en souligne la gravité.

2 patients avec des localisations thoraciques (cas n° 2 et 5) ont nécessité des gestes chirurgicaux à type de greffe antérieure et de stabilisation postérieure. Le pronostic général dépend de la gravité de l’infection, le pronostic local concerne la statique sagittale de l’enfant.

1 patient avec une localisation thoracique en T10 et 2 patients avec des localisations cervicales n’ont pas évolué vers la cyphose et n’ont pas été opérés. La fusion des deux vertèbres atteintes a assuré la stabilité.

Les 4 autres patients qui sont aussi les plus âgés (10 et 11 mois) présentaient des atteintes lombaires basses qui ont bien évolué.

La forme de l’enfant entre 1 et 4 ans représente 18 cas dans notre série soit un taux de 43%. Les signes cliniques sont fréquemment une démarche guindée ou une boiterie: c’est le Hip Syndrome décrit par GURI dés 1946 [24] . De même une raideur rachidienne, un refus de la station assise, parfois une sciatalgie ou un psoitis sont des signes classiques. La douleur abdominale est enfin un mode révélateur possible d’une spondylodiscite. LEAHY [29] attribue ces douleurs à une irritation rétropéritonéale d’un abcés du psoas. Certains auteurs comme CRAWFORD [11] ou SONG [46] notent jusqu’à 30% de syndromes douloureux abdominaux révélateurs de spondylodiscites. Nous retrouvons pour notre part 4 cas de ces douleurs abdominales révélatrices (10%). Il s’agit d’évidence d’un signe clinique trompeur qu’il faut garder à l’esprit lors de l’examen clinique initial.

Les formes du grand enfant supérieur à 4 ans représentent 15 cas dans notre étude, soit un taux de 35 %. Sur le plan clinique, elles se résument généralement à des lombalgies ou des dorsalgies selon le niveau de l’atteinte disco vertébrale.

 

Le retard diagnostic de notre série est important. Ce retard variant de quelques jours à plusieurs mois. Il est retrouvé chez la plupart des auteurs [4,21,23,30,39,40]. Il témoigne de la difficulté du diagnostic devant des signes cliniques souvent peu évocateurs voire trompeurs.

 

La recherche d’une porte d’entrée est une donnée qui apparaît dans la littérature peu fiable et souvent décevante. ROCCO [41] dans sa série de 14 cas ne retrouve aucune porte d’entrée directe, FINIDORI [20] une seule fois sur 48 patients. Cependant, certains auteurs retrouvent une porte d’entrée infectieuse dans des proportions non négligeables comme CRAWFORD qui rapporte dans sa série de 36 patients 27% d’infections urinaires ou O.R.L. précédant la S.N.T. [11]. Nous retrouvons pour notre part une porte d’entrée dans 2/3 des cas de notre série et cette donnée nous paraît importante pour orienter le diagnostic et réaliser des prélèvements bactériologiques.

 

Le bilan inflammatoire est relativement pauvre : la V.S. est généralement augmentée de façon modérée et reste un examen peu spécifique  [11,14,40,49]. La C.R.P. est un marqueur plus fiable de l’inflammation [46] mais trop rarement pratiquée dans notre série du fait de l’ancienneté de nombreux dossiers . L’hyperleucocytose et l’augmentation du taux de P.N.N. sont peu significatives [14,49]. Ce bilan inflammatoire doit cependant être réalisé mais ne sera réellement contributif que s’il est fortement perturbé. Dans le cas contraire, il n’élimine pas le diagnostic.

 

Les radiographies standards : Tous les auteurs soulignent l’importance et la fiabilité de la radiographie simple dans le diagnostic et le suivi des patients. Le pincement discal et l’érosion des plateaux vertébraux adjacents sont les signes généralement rapportés. Leur délai d’apparition est variable et se situerait autour de 3 semaines [33]. Certains auteurs comme CHAPPUIS [5], DE SOUZA [12] ou GLAZER [23] retrouvent systématiquement ces signes radiologiques dans leur série. WENGER rapporte un pincement discal 38 fois sur 41 patients [49]. Dans notre expérience, les radiographies standards ont toujours été informatives. Même lorsque le pincement discal et l’atteinte des plateaux vertébraux étaient minimes et passés inaperçus au premier examen , ils ont toujours été retrouvés rétrospectivement. Cet examen reste pour nous primordial pour l’orientation diagnostic et le suivi des patients. La radiographie, examen simple, précise ainsi le siège de la lésion et donne une idée de la gravité de l’atteinte et du nombre de complexes disco vertébraux concernés.

Dans notre expérience, les tomographies ne nous semblent rien apporter de plus au diagnostic.

 

En ce qui concerne le siège de l’atteinte disco vertébrale, la répartition retrouvée dans notre série est globalement superposable aux données de la littérature [3,5,11,20,25,30,32,39,40,41,47,49] avec une prédominance nette des atteintes lombaires 25 fois sur 42. Les atteintes en charnière dorso-lombaire ou lombo-sacrée sont également fréquentes puisqu’elles représentent 21% des localisations de notre série. Ce taux est un petit peu supérieur à celui des autres séries publiées où les taux d’atteinte en charnière se situent entre 0 et 15% [3,14,30,39,41,47,49]. Les localisations thoraciques sont plus rares (5 fois sur 42) et touchent dans notre expérience plutôt les petits enfants (3 fois sur 5) avec un caractère de gravité net puisque nous relevons 3 évolutions cyphotiques majeures avec nécessité d’un geste chirurgical, ainsi qu’une paraplégie flasque inaugurale partiellement régressive.

Nous relevons enfin trois atteintes cervicales dont il faut souligner le caractère exceptionnel: MENELAUS note une atteinte cervicale sur 19 patients en 1964 [30], RIGAULT 1 localisation sur 17 patients en 1970 [39], WENGER 1 sur 41 en 1978 [49] et aucune pour SPIEGEL sur 45 patients en1972 [47] 

 

La tomodensitométrie ne peut être envisagée que comme complément d’investigation sur une lésion déjà mise en évidence à la radiographie. Elle est de réalisation non systématique pour la plupart des auteurs [15,48].

Son intérêt réside dans la détection d’abcès péri rachidiens, s’étendant parfois au psoas dans les localisations lombaires. SARTORIS [46].présente les résultats de la T.D.M. systématiquement réalisée chez 7 patients. Il retrouve 7 fois sur 7 une inflammation paravertébrale visualisable au scanner mais une fois seulement une véritable collection du psoas. Nous retrouvons pour notre part 6 abcés paravertébraux mis en évidence au scanner. La fiabilité du scanner ne nous semble cependant pas parfaite pour preuve les trois faux négatifs retrouvés dans notre étude. Dans 2 de ces 3 cas, l’IRM a rectifié le diagnostic mettant en évidence une atteinte du disque et la ponction discale a isolé un germe.

Certains utilisent enfin le scanner pour guider la ponction discale [26].

Le diagnostic différentiel avec des pathologies tumorales, un mal de Pott ou une hernie discale peut également être effectué par le scanner.

Cependant, et surtout depuis l’avènement de l’I.R.M. , cet examen n’est plus dans notre pratique d’indication régulière.

 

L’I.R.M. : Relativement peu de travaux ont été publiés concernant l’apport de l’I.R.M. dans la prise en charge des spondylodiscites de l’enfant. Cet examen semble cependant pouvoir apporter un diagnostic précoce devant des tableaux cliniques souvent difficiles [48]. Cette exploration non invasive est devenue pour nous d’indication systématique devant une suspicion de spondylodiscite dans un cadre purement diagnostic,mais aussi dans le suivi des patients pour surveiller l’évolution d’un abcès et de la structure discale à long terme. En effet, l’intérêt de cet examen réside dans la différenciation tissulaire qu’il met en évidence [4,15]:

-En séquence pondérée T1 on observe un hyposignal des corps vertébraux qui devient identique à celui du disque qu’ils délimitent.

-En séquence pondérée T2, on observe un hypersignal des corps vertébraux atteints ainsi que du disque. Ce signal très élevé est très différent du signal d’un disque sain . Pour RING [40], l’I.R.M. affirme ainsi l’ostéomyélite métaphysaire à l’origine de la maladie.

Sur les coupes sagittales le pincement discal et une éventuelle cyphose peuvent également être appréciés.

La visualisation d’un abcés péri-rachidien avec déformation du sac dural, aspect inquiétant retrouvé dans plus d’un tiers des cas de notre série, ne doit pas, en l’absence de signes neurologiques, conduire à des indications opératoires abusives. Des I.R.M. à long terme mettent en évidence la disparition spontanée de ces abcés avec un traitement antibiotique et une immobilisation.

Par ailleurs, les résultats de l’IRM avec un délai parfois très important mettent en évidence des lésions séquellaires irréversibles avec disparition des caractéristiques mécaniques du disque mais un signal normal des corps vertébraux qui se reconstruisent. Cette reconstruction des corps vertébraux semble être la règle [15]. Nous relevons cependant un patient dans notre série qui présentait une géode dans le corps vertébral de L5 lors du diagnostic ; cette géode était toujours visible sur l’I.R.M. de contrôle réalisée 21 ans après.

Ces aspects de l’I.R.M. rectifient les données de la radiographie standard qui montre le plus souvent au recul un pincement discal modéré et un espace inter vertébral régulier qui pourraient laisser supposer une reconstruction discale [15,48].

 

La scintigraphie osseuse au Tc. 99m : Cet examen, bien que peu spécifique, est d’une fiabilité excellente dans l’orientation diagnostique puisque retrouvé positif dans près de 90 % des cas. Il précise de façon formelle le siège lésionnel et a pour avantage de visualiser l’ensemble du squelette permettant de rectifier de fausses impressions cliniques (douleur de hanche, boiterie…).

Le principal avantage de la scintigraphie est de montrer une hyperfixation localisée sur le complexe disco-vertébral lésé avant l’apparition des premiers signes radiologiques qui peuvent mettre 3 semaines pour s’installer [33,49].

Cependant, si cet examen est d’une utilité incontestable dans le diagnostic précoce de la maladie, il n’est pas utilisable dans le suivi des patients à long terme car se négative rapidement dés qu’un traitement antibiotique est mis en route et que les phénomènes inflammatoires diminuent [15].

 

La ponction discale :Cette ponction est réalisée en décubitus ventral, sous contrôle scopique. Nous n’utilisons pas comme HOFFER [26] le scanner pour guider le geste. Certains comme CHEVROT [6] ou SEIGNON [44] réalisent ce geste sous anesthésie locale. Nous préférons l’anesthésie générale qui permet, surtout chez l’enfant, d’éviter des mouvements intempestifs qui pourraient être génants voire dangereux. Un trocard est introduit en percutané à 45° d’inclinaison, à deux travers de doigt des épineuses au niveau dorsal, trois travers de doigt au niveau lombaire. Une injection de produit de contraste permet de réaliser une discograhie qui confirme d’une part la bonne position de l’aiguille, d’autre part la diffusion éventuelle du produit de contraste dans les corps vertébraux ou les espaces paravertébraux. Une ponction –lavage est ensuite réalisée et les prélèvements aérobies et anaérobies sont envoyés en bactériologie. Le choix du côté d’introduction de l’aiguille est donné par l’IRM lorsqu’un abcès est localisé.

Certains auteurs comme CHAPPUIS [5] considèrent ce geste comme dangereux et ne le réalisent pas. CHEVROT a répertorié sur 217 ponctions 2 plaies de l’aorte, un déficit moteur persistant après un traumatisme radiculaire lors d’une ponction discale au niveau lombaire, un pneumothorax après une ponction au niveau thoracique [6]. ARMSTRONG [2] rapporte également un pneumothorax suivi d’une pneumopathie à  E. Coli secondaire à une ponction au niveau thoracique. Même si cette technique n’est pas totalement anodine, nous ne déplorons aucun incident dans notre série. Nous ne relevons par ailleurs aucun échec technique de la ponction. Cependant DUQUENNOY [16] relève sur 48 ponctions 6 échecs dûs à un disque trop pincé dans lequel l’aiguille n’a pas pu pénétrer.

Nos résultats montrent un taux de 63% de ponctions positives ce qui est comparable aux résultats retrouvés dans la littérature [6,16,22,31,35,44]. Nous accordons une grande importance au lavage avec réaspiration du liquide qui nous paraît être une des clés de l’obtention d’un germe lorsqu’il existe. Ceci est souligné par d’autres auteurs comme DUQUENNOY [16], PETERSON [36] ou SEIGNON [44].

L’indication de la ponction discale est discutée dans la littérature. Certains comme BONFIGLIO [3], ou MENELAUS [30] ne la réalisent pas. D’autres comme CRAWFORD [11], GLAZER [23] ou WONG [50] réservent la ponction discale aux patients qui ne s’améliorent pas sous une antibiothérapie anti-staphylococcique probabiliste.

 

Par ailleurs, l’injection de produit de contraste retrouve systématiquement une fuite de ce produit dans les corps vertébraux adjacents et parfois en péri rachidien.

Ceci confirme notre conviction de lésion disco vertébrale et non discale pure.

 

En ce qui concerne les germes isolés , la prévalence importante du staphylocoque doré sur les autres germes dans notre série conforte les résultats de toutes les séries publiées dans la littérature [3,4,5,20,30,32,39,40,41,47,49].

Plus étonnant est le taux important de Kingella Kingae que nous isolons dans notre étude. L’émergence de ce cocobacille Gram négatif apparenté aux Neisseria, et présent classiquement dans l’oropharynx est récente. En effet, DIGBY en 1979 sur une série de 30 patients avec 23 germes isolés ne retrouvait aucun kingella kingae [13]. Le premier cas isolé au niveau du rachis a été rapporté par FALSEN dans un case report en 1977 [18,42]. CLEMENT [7] en rapporte 9 observations entre1983 et 1986. Ce taux de 28% est à notre connaissance le plus important de la littérature.

Des atteintes rachidiennes à Salmonella sont rapportées dans la littérature [9,13,27,49] mais nous n’en retrouvons aucune dans notre série.

Notons enfin une spondylite pure L3 (cas n° 31) dont la ponction vertébrale initiale a été négative, mais qui a récidivé un an plus tard sous la forme d’une arthrite de hanche. Le prélèvement de cette hanche ainsi qu’un nouveau prélèvement vertébral avec mise en culture sur fibroblastes ont permis d’identifier une rickettsiose avec isolement d’un Coxiella Burnetti , agent de la fièvre Q. Il s’agit , après revue de la littérature, du premier cas d’ostéomyélite à rickettsiose prouvé par l’isolement in situ du micro-organisme [8].

 

 


-Traitement :

 

 

La prise en charge thérapeutique des S.N.T. de l’enfant est très controversée dans la littérature tant sur la prescription d’antibiotiques que sur la nécessité d’une immobilisation. Certains auteurs [21,25,30,47] n’indiquent une antibiothérapie qu’en cas de fièvre persistante ou de preuve bactériologique. C’est le cas de MENELAUS [30] qui traite la plupart de ses patients uniquement par immobilisation

D’autres auteurs [21,25,49] ne préconisent pas d’immobilisation systématique mais un simple repos au lit et un corset uniquement en cas de gêne fonctionnelle importante. Notre attitude thérapeutique résolumment anti-infectieuse s’appuye sur une antibiothérapie et une immobilisation systématiques et repose sur plusieurs constatations :

D’une part nous retrouvons dans la littérature plusieurs cas de rechutes à court ou moyen terme lorsque le traitement a été symptomatique. Ainsi MENELAUS [30] rapporte deux collections secondaires au 12ème mois, SPIEGEL [47] observe trois rechutes à un an, et WENGER [49] relève 7 récidives sur sa série de 41 patients et a changé son attitude thérapeutique en prescrivant désormais une antibiothérapie systématique. Nous ne constatons dans notre, série aucune récidive authentifiée et c’est le cas de la plupart des auteurs qui, appliquent un traitement anti infectieux d’emblée [9,13,14,20,39]

D’autre part, RING [40] dans une étude multicentrique réalisée en 1995 sur 47 patients, évalue en fonction du traitement mis en œuvre (antibiothérapie I.V. orale ou pas d’antibiothérapie, avec ou sans immobilisation) la rapidité de l’amélioration clinique en séparant ses patients en trois groupes : amélioration rapide en une semaine, symptômes persistants jusqu’à trois semaines, symptômes persistants au delà de trois semaines ou nécessitant une intervention chirurgicale. L’analyse des résultats lui permet de conclure d’une part à la nécessité d’une antibiothérapie I.V. initiale qui accélère de façon significative la guérison par rapport aux patients traités par voie orale ou qui n’ont pas reçu d’antibiotiques, d’autre part à la nécessité d’une immobilisation au moins initiale pour les mêmes raisons.

 

 

- Evolution :

 

 

Tous les auteurs sont unanimes quant à l’évolution globalement favorable de la S.N.T. [3,11,14,30,32,39,40,41,47,49]. Nos résultats montrent également une évolution fonctionnelle satisfaisante et rassurante avec près de 90 % des patients qui sont indolores et mènent une vie normale (37 cas sur 42). Cependant il faut toujours garder à l’esprit que la notion de bénignité qui s’attache à cette pathologie concerne les grands enfants et qu’il s’agit d’une maladie infectieuse grave chez le petit enfant avec des destructions vertébrales et des séquelles parfois majeures [40].

3 enfants de notre série ont développé des cyphoses graves qui ont nécessité une réduction et une stabilisation chirurgicale. Ces cyphoses étaient toutes des cyphoses dorsales et deux de ces trois enfants avaient moins de 6 mois ce qui souligne encore la gravité de la maladie chez le tout petit. Cette localisation , du fait d’une immobilisation stricte souvent plus difficile à obtenir et de la cyphose naturelle préexistante, semble prédisposée à évoluer de façon moins favorable ; 1 patient seulement sur les 5 patients qui présentaient une S.N.T. en localisation dorsale n’a pas évolué vers la cyphose. Ceci est retrouvé dans la littérature: Rigault dans sa série de 17 enfants en 1970 notait sur 4 localisations thoraciques 3 cyphoses dont une sévère [39].

La localisation dorsolombaire est une zone charnière soumise à d’importantes contraintes. Les 3 patients qui présentaient une atteinte en T12-L1 présentaient tous au recul une discrète cyphose résiduelle.

La localisation lombaire, la plus fréquente, semble au vu de nos résultats et de ceux de la littérature être d’évolution plus favorable.sans séquelle majeure [3,11,14,30,32,37,39,40,41,47,49]. De même pour les localisations en zone charnière L5-S1. Les 3 patients qui présentaient des localisations cervicales ont très bien évolué sur le plan fonctionnel sans cyphose ni trouble de la statique cervicale secondaire. Aucune intervention n’a été nécessaire dans cette localisation.et l’évolution s’est faite vers la fusion des deux vertèbres adjacentes ce qui a assuré la stabilité au prix d’une limitation modérée de la mobilité d’un tiers environ dans toutes les amplitudes. Ce résultat, étonnant au vu des lésions radiologiques initiales, est à mettre au crédit d’une contention rigoureuse par minerve rigide, associée bien sur à un traitement antibiotique efficace. Ceci souligne l’importance de l’immobilisation dans la prise en charge thérapeutique des spondylodiscites.

Par ailleurs, ces trois cas de fusions vertébrales font partie des 4 fusions complètes et des 2 fusions sub-complètes des vertèbres adjacentes que nous retrouvons dans notre série. Peu d’auteurs défendent la thèse d’une possibilité de reconstruction discale. SARTORIS évoque cette possibilité évolutive [43], MOES décrit un cas de réparation discale à long terme mais ne disposait pas de l’I.R.M. pour apprécier la qualité tissulaire du disque en question [32], BONFIGLIO retrouve pour sa part une restauration précoce de la hauteur vertébrale puis un pincement progressif au fur et à mesure de l’évolution signant une qualité discale altérée [3].

La fibrose discale, voire la disparition complète du disque et la fusion vertébrale correspondent selon nous à l’évolution naturelle inéluctable des S.N.T. quel que soit l’étage atteint. Ceci est confirmé par l’IRM qui ,réalisée à distance de l’affection , montre un disque en pleine involution et qui a perdu toutes ses caractéristiques notamment hydriques [15]. Ceci est retrouvé dans la littérature où de nombreux auteurs rapportent des fusions vertébrales spontanées [17,30,47,49]. JANSEN relève même 26 fusions vertébrales sur une série de 35 patients [28]. La radiographie standard qui montre dans la plupart des cas un pincement résiduel souvent modéré et un espace inter vertébral bien conservé est sur ce point trompeuse.

Nous ne retrouvons par ailleurs aucun cas confirmé de récidive dans notre série. Les cas de récidive rapportés dans la littérature semblent correspondre à des enfants traités de façon symptomatique sans antibiotiques [30,47,49]


-Etiopathogénie:

 

 

La controverse concernant l’étiopathogénie de la S.N.T. oppose ceux qui défendent l’idée d’une origine traumatique ou inflammatoire à cette maladie à ceux qui considèrent la S.N.T. comme une infection osseuse bactérienne de l’enfant et de l’adolescent.

ALEXANDER avance l’idée d’une étiologie traumatique épiphysaire par un mécanisme en flexion avec une petite hernie discale à l’origine de phénomènes inflammatoires douloureux [1]. O’BRIEN évoque une origine purement inflammatoire à cette pathologie [34]. D’autres auteurs comme MENELAUS [30] ou DOYLE [14] distinguent d’une part l’ostéomyélite vertébrale d’origine infectieuse et la discite simple d’origine inflammatoire. SHORT se pose la question d’une étiologie virale [45]. Pour PETERSON [36] il existe en réalité trois maladies différentes : l’infection discale peu symptomatique, l’ostéomyélite vertébrale beaucoup plus parlante et des troubles de croissance disco-vertébraux plus bénins. RING [40] ne fait pas de distinction entre spondylodiscite et ostéomyélite vertébrale mais désigne sous le terme de discites les formes les plus bénignes.

Cette diversité d’opinions concernant l’étiopathogénie de la S.N.T. souligne la difficulté d’appréhension de la physiopathologie de cette maladie. Comme beaucoup d’autres auteurs [3,5,20,25,39,47] nous considérons la S.N.T. comme une infection osseuse à part entière.

En effet, nous avons constaté dans cette étude que :

-63 % des ponctions discales réalisées permettent d’isoler un germe.

-L’injection de produit de contraste lors de la ponction discale réalise une discographie mais opacifie également dans la plupart des cas des géodes osseuses des corps vertébraux adjacents atteints par l’affection.

 

-Cette atteinte des corps vertébraux adjacents est confirmée par l’IRM avec des modifications de signal même quand la radio simple est normale.

-Les recherches de virus par ponction discale sont toujours restées négatives.

 

Par ailleurs, différents travaux [10,19,38] ont montré la vascularisation commune discale et corporéale qui existe à la naissance et chez l’enfant et qui va involuer petit à petit jusqu’à l’âge adulte. Chez l’enfant, la métaphyse du corps vertébral est très richement vascularisée. Il existe à ce niveau une vascularisation en demi anneau qui s’arrête à la naissance du pédicule vertébral. Ces rings métaphysaires supérieur et inférieur des deux vertèbres adjacentes s’anastomosent entre eux par de fines branches collées au disque dans sa région postéro latérale et qui le vascularisent.

Tous ces éléments nous incitent à penser que la discite pure prônée par certains auteurs n’existe pas.

Il existe des spondylodiscites d’origine infectieuse bactérienne avec localisation première métaphysaire vertébrale. Le disque est atteint par voie hématogène directe et l’atteinte de cette lésion réalise une véritable ostéo-arthrite. La métaphyse du deuxième corps vertébral adjacent est atteinte par le même mécanisme infectieux hématogène. Cette atteinte est toujours latéralisée au début de l’affection.

 

 

 

CONCLUSION

 

 

Le principal problème de la S.N.T. réside dans un diagnostic clinique difficile qui doit être évoqué devant l’association chez un enfant d’un tableau infectieux, même minime, et de troubles fonctionnels du tronc ou des membres inférieurs voire de troubles digestifs. Ce diagnostic est d’autant plus facile que l’enfant est grand, les formes du nourrisson étant les plus préoccupantes.

 

Les diagnostics différentiels qui pourraient être évoqués, à savoir, les affections tumorales ou les dystrophies rachidiennes de croissances, seront rapidement éliminés par des examens complémentaires fiables comme l’IRM ou la ponction discale.

 

Le traitement associe systématiquement une antibiothérapie et une immobilisation jusqu’à normalisation clinique et biologique.

 

La surveillance est clinique et radiologique. L’IRM a un rôle séméiologique bien établi dans la surveillance de l’évolution d’abcès péri rachidien. Elle nous a permis par ailleurs de mettre en évidence , y compris sur le long terme , la disparition complète des propriétés mécaniques du disque et l’évolution inéluctable vers la fibrose discale ou la fusion vertébrale.

 

L’évolution fonctionnelle est globalement rassurante moyennant un traitement bien conduit.

 

Les données anatomiques de la vascularisation disco vertébrale de l’enfant, le bilan lésionnel IRM, l’injection de produit de contraste dans le disque, ainsi que le taux important de germes retrouvés à la ponction discale, nous confortent dans notre idée d’une étiologie infectieuse de la S.N.T. , véritable ostéo arthrite du rachis.

 

C’est cette conception étiopathogénique qui guide notre prise en charge diagnostique et thérapeutique.

 

 


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