INDICATIONS
CHIRURGICALES
DANS LES STENOSES DU CANAL LOMBAIRE
A.
DEBURGE
L'indication
chirurgicale dans les sténoses
du canal lombaire se pose à
plusieurs moments. Les deux choix essentiels concernent le principe de
l'opération et sa réalisation.
1. Le
principe de l'opération : faut-il ou non opérer ?
La
décision d'opérer une sténose du
canal lombaire ne va pas de soi. Plusieurs problèmes la mettent
en discussion.
1.1.
Problèmes diagnostiques :
Le
diagnostic de sténose lombaire symptomatique, même devant une imagerie
évocatrice, n'est pas toujours évident. Le problème le plus classique
est celui de l'artérite des membres inférieurs devant une
claudication intermittente, celui d'une coxarthrose devant une
douleur de la racine du membre inférieur (l'infiltration de la hanche
et/ou du rachis lombaire est souvent une aide précieuse) ; enfin le diagnostic
de sténose latérale chez un patient présentant un canal large est souvent
difficile et il faut se souvenir qu'une sténose latérale peut co-exister
avec un canal médian large.
1.2.
Problèmes de co-morbidité :
Même
si la sténose du canal lombaire est certaine et qu'elle est responsable
de symptômes, l'existence d'une co-morbidité importante peut contrindiquer
l'opération, car même si l'opération sur le rachis lombaire est un "succès"
le patient risque de ne pas en bénéficier. C'est le cas en particulier
lorsqu'il existe des problèmes respiratoires, cardiovasculaires, des problèmes
liés à une polyarthrose des membres inférieurs chez un sujet âgé.
1.3.
Les symptômes de la sténose canalaire
:
On sait que ces symptômes sont
inégalement soulagés par l'intervention chirurgicale. Si l'indication
chirurgicale est rarement discutable devant une claudication intermittente
ou une radiculalgie d'effort ou de repos, en revanche lorsque le symptôme
principal est un trouble moteur ou sphinctérien, et encore plus une lombalgie,
l'indication est particulièrement discutable car ces symptômes on le sait
seront en général peu améliorés par la chirurgie. En tout cas si la décision
est prise il faut exprimer cette réserve sur le pronostic.
2.
La
réalisation de l'opération
2.1.
La libération :
2.1.1.
Laminectomie ou recalibrage :
Le choix entre ces deux types de décompression varie selon les écoles.
Nous réservons le recalibrage aux sténoses centrales très modérées, en
sachant que le risque de réossification nous paraît plus important, et
surtout aux sténoses latérales pures.
2.1.2.
L'étendue en hauteur de la décompression
: c'est un des problèmes les plus difficiles et les plus mal réglés, devant
une sténose étendue. Il est difficile de donner des règles précises ;
il vaut mieux pêcher par excès que par défaut.
2.2.
La stabilisation :
2.2.1.
Ses indications sont très variables selon les
chirurgiens, et KATZ a noté que dans un même hôpital il pouvait y avoir
des variations importantes dans les indications. Pour nous la stabilisation
s'impose dans les scolioses dégénératives, et dans les instabilités véritables
: spondylolisthésis et rétrolisthésis mobiles, hypermobilité angulaire,
instabilité per-opératoire (arthrectomie totale sur disque de hauteur
conservée)
2.2.2.
Sa réalisation soulève aussi de nombreuses
discussions :
-
Arthrodèse ou stabilisation souple : celle-ci paraît
moins utilisée actuellement qu'elle ne l'a été auparavant.
-
Arthrodèse instrumentée ou non instrumentée ? Dans
notre pratique l'arthrodèse non instrumentée est encore utilisée mais
dans des instabilités très modérées, dans des cas où on dispose d'un matériel
de greffe osseuse (fragment de laminectomie) important.
-
Type de l'instrumentation :
les instrumentations avec vis pédiculaires et tiges ou plaques
s'imposent après lamino-arthrectomie, le vissage translamino-facettaire
est précieux après recalibrage et dans les sténoses latérales.
-
Prise du sacrum ou non ? Il est rare que l'état lombosacré
soit réellement instable dans les sténoses canalaires. En revanche, les
problèmes mécaniques liés à la prise du sacrum dans l'instrumentation
sont fréquents. Tout ceci nous incite à éviter autant que possible la
prise du sacrum, même si l'étage lombosacré est arthrosique (cette position
n'est pas consensuelle).
-
Intérêt des cages ? L'intérêt d'un étai antérieur
doit être mis en balance avec le danger neurologique de leur mise en place.
Elles nous paraissent devoir être réservées au spondylolisthésis dynamique
avec disque haut.